Comment gérer un conflit au sein du CODIR | Sameline

Comment gérer un conflit
au sein du CODIR

Un conflit dans une équipe de direction ne se règle pas en l'ignorant ni en l'arbitrant par le haut. Il se gère, avec méthode, timing et une capacité à créer les conditions d'un dialogue que la pression du quotidien rend presque impossible.

Reconnaître un conflit dans une équipe de direction

Les conflits au sein d'un CODIR se reconnaissent rarement à leurs manifestations visibles. Ils se logent d'abord dans les silences, les absences, les comportements qui changent, bien avant que quiconque hausse le ton lors d'une réunion.

Les signaux faibles à surveiller :

  • Des sujets qui disparaissent de l'ordre du jour sans explication
  • Des décisions prises en bilatéral qui auraient dû l'être en collectif
  • Un membre du CODIR qui n'interpelle plus les autres ou répond par monosyllabes
  • Des échanges post-CODIR qui invalident ce qui vient d'être décidé
  • Un alignement de façade, tout le monde acquiesce en réunion, personne ne suit en dehors
"Un conflit non nommé dans une équipe de direction ne disparaît pas, il se déplace. Il migre vers les équipes, se loge dans les processus, et finit par coûter bien plus cher que la conversation difficile qu'on a évitée." Approche Sameline

Comprendre les mécanismes du conflit au CODIR

Tous les conflits ne se ressemblent pas. Avant d'intervenir, il faut comprendre de quel type de conflit il s'agit, car la réponse appropriée est radicalement différente selon la nature du problème.

Le conflit de fond

Deux membres de la direction ont des visions genuinement incompatibles sur une orientation stratégique, une priorité ou un mode d'organisation. Ce type de conflit est souvent sain s'il est traité, il révèle une tension réelle dans l'organisation qui doit être arbitrée, pas esquivée.

Le conflit de territoire

Des périmètres de responsabilité flous ou qui se chevauchent génèrent des frictions récurrentes entre directeurs. Ce n'est pas un problème de personnes, c'est un problème de design organisationnel. La solution passe par une clarification des rôles, pas par la médiation.

Le conflit relationnel

Une incompatibilité de style, une blessure ancienne non réparée, un manque de confiance accumulé. Ce type de conflit est le plus difficile à traiter car il ne se réduit pas à un désaccord sur le fond. Il nécessite un travail sur la relation elle-même, souvent avec l'appui d'un tiers.

Le conflit de méthode

Des membres du CODIR s'opposent non pas sur ce qu'il faut faire, mais sur comment le faire. Ce conflit est souvent le plus résolvable, il suffit parfois de nommer explicitement que le désaccord porte sur la méthode, pas sur l'objectif.

Créer les conditions du dialogue

La tentation du dirigeant face à un conflit dans son équipe est d'arbitrer, trancher vite pour passer à autre chose. C'est rarement la bonne option. Un conflit arbitré sans que les parties aient pu s'exprimer pleinement se referme en surface et se rouvre plus fort quelques semaines plus tard.

Séparer le moment d'écoute du moment de décision

La première étape est de créer un espace de parole dédié, distinct des réunions opérationnelles. Un entretien individuel avec chaque partie, mené par le DG ou un tiers, permet de comprendre ce que chacun ressent, ce qu'il attend et ce qu'il est prêt à accepter, avant toute confrontation directe.

Nommer sans accuser

Lorsque le DG aborde le sujet en collectif, la formulation compte autant que le fond. "J'observe que nos échanges sur ce sujet sont devenus tendus, et je pense que nous avons besoin d'en parler directement" est infiniment plus productive que "il y a un conflit entre vous deux et il faut le régler".

Fixer des règles du jeu explicites pour la conversation

Avant toute réunion de résolution : chaque personne parle en "je" (pas en "tu fais toujours"), chaque point de vue est entendu sans interruption, l'objectif est de comprendre, pas de gagner. Ces règles paraissent simples. Elles ne vont pas de soi dans un CODIR sous pression.

Les étapes d'une résolution structurée

Une fois les conditions réunies, la résolution d'un conflit au CODIR suit une progression en quatre temps.

  • Identifier ce qui est réellement en jeu. Pas la position de chaque partie ("je veux X"), mais l'intérêt sous-jacent ("ce qui m'importe, c'est Y"). Cette distinction, au cœur de la médiation professionnelle, ouvre presque toujours des espaces de solution invisibles au départ.
  • Cartographier les zones d'accord et de désaccord réels. La plupart des conflits contiennent une majorité de points sur lesquels les parties sont d'accord, sans le savoir. Rendre ces zones visibles réduit l'intensité émotionnelle et crée une base commune.
  • Formuler un accord minimal sur le prochain pas. Il n'est pas nécessaire de tout résoudre d'un coup. Un accord partiel, concret et respecté crée de la confiance, qui permet ensuite d'aller plus loin.
  • Formaliser et suivre. Tout ce qui a été dit et accepté lors de la séance de résolution doit être formulé par écrit et relu par chaque partie. Un accord oral dans un contexte émotionnel chargé est un accord fragile.

Quand faire appel à un tiers extérieur ?

Le recours à un médiateur ou à un facilitateur externe est indiqué dès lors que l'une de ces conditions est réunie :

  • Le DG est lui-même partie prenante du conflit, il ne peut pas être simultanément juge et arbitre
  • Les tentatives internes de résolution ont déjà échoué une ou plusieurs fois
  • Le conflit dure depuis plus de trois mois
  • La tension a commencé à descendre vers les équipes et affecte la performance
  • Le niveau de défiance entre les personnes est tel qu'aucune conversation directe n'est possible
Notre pratique chez Sameline : nous intervenons en médiation de direction soit à la demande du DG, soit à la demande des parties elles-mêmes. Notre rôle n'est pas de réconcilier à tout prix, mais de créer les conditions d'un dialogue honnête, et d'aider l'équipe à décider ensemble comment elle veut travailler.

Prévenir plutôt que guérir

Les équipes de direction qui gèrent bien les conflits ne sont pas celles où les conflits n'existent pas, ce sont celles où les mécanismes de régulation sont installés avant que les tensions ne deviennent des crises.

Trois pratiques préventives simples :

  • Un temps régulier hors opérationnel. Qu'il soit mensuel ou trimestriel, un moment dédié à la relation dans l'équipe, pas aux dossiers, permet de désamorcer les tensions avant qu'elles s'accumulent.
  • Des règles de fonctionnement explicites. Comment on se dit les choses difficiles, comment on arbitre quand on ne s'accorde pas, ce qui est négociable et ce qui ne l'est pas, tout ce qui n'est pas dit sera interprété différemment par chacun.
  • Une culture du feedback direct. Les équipes de direction qui pratiquent le feedback régulier entre membres consomment moins d'énergie à gérer des non-dits. Ce n'est pas naturel, cela s'apprend et se pratique.

Un conflit non traité coûte plus cher que l'intervention

Sameline accompagne les équipes de direction en région PACA pour désamorcer les tensions, créer les conditions du dialogue et sortir des conflits par le haut.

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